Seul pays de l’Afrique de l’Ouest à être présent au 51ème Salon International des Inventions de Genève, le Sénégal a réalisé un carton plein. Les 8 inventions présentées ont été reconnues scientifiquement et sanctionnées positivement par des médailles d’Or, d’argent et de bronze.
Les inventions concernent plusieurs domaines, notamment l’agriculture, la santé, la pêche, les ressources minières, la production énergétique, le génie chimique, l’industrie alimentaire, l’entrepreneuriat, la géographie environnementale et la promotion de la santé communautaire et nutritionniste.
Parmi les lauréats, le professeur Diouma Kobor, directeur général de l’Agence nationale pour les énergies renouvelables (ANER), s’est particulièrement illustré en décrochant la médaille d’or. Son invention propose un procédé innovant de nanotexturation de surface du silicium destiné à améliorer considérablement le rendement des panneaux solaires. En réduisant le taux de réflexion lumineuse à seulement 3 %, cette technologie permet d’atteindre un niveau d’absorption supérieur à 97 %, ouvrant des perspectives importantes pour l’optimisation de l’énergie solaire, notamment sur le continent africain.
Autre figure marquante de la délégation, Maguette Sylla, spécialiste du numérique, a présenté deux innovations majeures. La première, Tera by Weccat SAS, est une plateforme de transaction électronique reposant sur une borne intelligente permettant d’agréger plusieurs portefeuilles crypto-mobiles via une carte NFC. La seconde, Quitus, est un assistant social scolaire basé sur la biométrie, conçu pour améliorer le suivi des élèves grâce à un système de pointage automatisé, complété par des notifications et alertes SMS destinées aux parents.
Dans le domaine environnemental, Souleymane Ciss, géographe et chef de projet à Plastic Odyssey Factories Sénégal, a défendu le projet Sunu Plastic Odyssey. Cette initiative prévoit l’installation de micro-usines low-tech capables de transformer les déchets plastiques en pavés, tuiles ou mobilier urbain. Le programme ambitionne de déployer dix unités de recyclage, de créer 150 emplois directs et de traiter près de 4 000 tonnes de plastique par an. Il s’accompagne également d’un important volet de formation professionnelle et de sensibilisation environnementale.
L’innovation sénégalaise s’est aussi illustrée dans le secteur de la santé avec Mor Talla Ndiaye, entrepreneur et promoteur en santé communautaire. Son projet Kaarangue propose une poubelle intelligente destinée à la gestion sécurisée des déchets biomédicaux dans les structures sanitaires. Dotée d’un système de tri automatisé et d’un dispositif de collecte de données, cette technologie vise à réduire les risques d’exposition aux infections et à améliorer la traçabilité des déchets médicaux.
Enfin, Alioune Ndiaye, ingénieur en énergies renouvelables et fondateur de SEN Compagnie Énergie, a présenté un séchoir solaire alimentaire intelligent. Ce dispositif multifonctionnel combine technologies solaires thermiques et photovoltaïques afin d’optimiser le séchage des produits agricoles. Connecté à une interface mobile permettant un suivi à distance, il offre une solution adaptée aux besoins des producteurs et des unités de transformation agroalimentaire.
L’édition 2026 du Salon International des Inventions de Genève a enregistré plus de 30’000 entrées. Le public a pu découvrir plus de 1’000 inventions présentées par des participant·es de 35 pays et régions. Malgré un contexte international incertain, les exposant∙es ont fait preuve d’un engagement exemplaire pour rejoindre le Salon, confirmant son importance et son rôle unique sur la scène internationale de l’invention et de l’innovation.
Le Grand Prix de cette 51e édition a été attribué à la société hongkongaise The Oasis ONE pour son procédé d’aquaculture durable. L’invention associe génétique, biosécurité et gestion optimisée de l’eau afin de permettre un élevage de poissons plus sain, durable et mieux maîtrisé.
Cette édition a aussi été marquée par le lancement du Lab jeunesse et de son nouveau concours « Inventeur·rices de demain – Young Talents », dédié aux élèves de 4 à 18 ans. La lauréate, Aljawharah Alqahtani, originaire d’Arabie Saoudite, a remporté le Grand Prix du concours junior avec PulMind, un projet qui met l’intelligence artificielle au service des médecins pour mieux suivre les maladies respiratoires, détecter plus tôt les risques et adapter les traitements.
L’Economiste Sénégal


