La Cellule nationale de Traitement des Informations financières (CENTIF) a déclaré dans son rapport d’activités 2024, avoir reçu 928 déclarations d’opérations suspectes (DOS), contre 807 en 2023, soit une augmentation de 15 %.
En termes de répartition, les banques et établissements financiers demeurent les principaux contributeurs avec 82,87 % des déclarations d’opérations suspectes (769 DOS). Ils sont suivis par les systèmes financiers décentralisés qui représentent 6,36 % (59 DOS), puis par les établissements de monnaie électronique avec 4,74 % (44 DOS).
Les contributions des autres secteurs restent faibles notamment : les systèmes de transfert d’argent (0,97 %, 9 DOS), les sociétés de courtage en assurance et réassurance (0,43 %, 4 DOS), les agents immobiliers (0,54 %, 5 DOS), les négociants en métaux précieux (0,32 %, 3 DOS) et les notaires (0,32 %, 3 DOS).
Ces chiffres témoignent d’une appropriation continue du dispositif par les assujettis, notamment les banques, les établissements financiers et les émetteurs de monnaie électronique. Cependant, pour le secteur non-financier, où des marges d’amélioration sont notées, des efforts importants doivent être menés.
Au titre des tendances criminelles, la fraude, la corruption et les violations relatives à la réglementation des changes ont été les infractions présumées les plus commises au cours de la période sous revue.
Sous ce rapport, l’amélioration du cadre normatif et l’opérationnalisation du Pool judiciaire financier (PJF), dénotent d’une attention particulière portée aux risques de blanchiment de capitaux, de financement du terrorisme, mais plus globalement d’une répression des crimes et délits économiques ou financiers.
En perspective du troisième (3ème) cycle des évaluations mutuelles prévu à partir de février 2026, sous l’égide du GIABA, l’activité de la CENTIF sera axée sur la consolidation des acquis et le renforcement des bases organisationnelles, stratégiques et opérationnelles.
La CENTIF du Sénégal est une cellule de renseignement financier de type administratif placée sous la tutelle du Ministre chargé des Finances.
Elle est chargée de la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération des armes de destruction massive.
Lorsque des indices graves et concordants de blanchiment de capitaux, de financement du terrorisme ou de la prolifération des armes de destruction massives sont identifiés, elle transmet les conclusions de son analyse au Procureur de la République financier.
L’EconomisteSenegal


