Dans le cadre d’une politique hardie visant à renforcer le commerce régional et le développement agricole, la Côte d’Ivoire et le Ghana ont lancé un projet pilote axé sur les chaînes de valeur transfrontalières du cacao et du riz.
Cette initiative, menée par la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA) en collaboration avec la Commission de l’Union africaine (CUA) et la CEDEAO, vise à renforcer la diversification, la valeur ajoutée et le commerce intra-africain dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Dans le cadre de cette initiative, la CEA a lancé un projet pilote en Zambie et au Zimbabwe axé sur les chaînes de valeur du maïs et des produits laitiers. L’initiative s’est désormais étendue à la Côte d’Ivoire et au Ghana, où elle cible deux produits stratégiques : le cacao (une culture d’exportation clé) et le riz (un aliment de base essentiel).
Le rapport final guidera les décideurs politiques dans la mise en œuvre de stratégies concrètes visant à renforcer ces chaînes de valeur. En cas de succès, le modèle pourrait être reproduit dans d’autres États de la CEDEAO, ce qui permettrait de faire progresser les ambitions agricoles et industrielles de l’Afrique dans e cadre de la ZLECAf.
A cet effet, les parties prenantes des deux pays se sont réunies pour examiner un projet de rapport d’évaluation sur les chaînes de valeur transfrontalières du cacao et du riz.
L’étude en cours, qui doit être validée servira de base à une évaluation de préfaisabilité pour un projet de parc agro-industriel commun (CAAP) entre les deux pays d’Afrique de l’Ouest. Un tel parc permettrait de stimuler la transformation agricole, de réduire les pertes après récolte et de renforcer le commerce transfrontalier.
« Le développement de chaînes de valeur efficaces pour le cacao et le riz entre la Côte d’Ivoire et le Ghana permettra non seulement d’accroître le commerce intra-régional, mais aussi de favoriser la collaboration entre les décideurs politiques, les industries et les universités », a souligné Mme.Joan Kagwanja, Chef de la Section de l’Initiative sur la politique foncière de la Commission économique pour l’Afrique (CEA).
Elle a, par ailleurs, mis en valeur le potentiel transformateur de la ZLECAf.
Adoptée en 2018 et opérationnelle depuis 2021, la ZLECAf est l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde, couvrant un marché de 1,2 milliard de personnes qui devrait atteindre 2,5 milliards d’ici 2050.
La ZLECAf n’est pas seulement un accord commercial, c’est un outil permettant de démanteler les frontières coloniales, de favoriser le développement durable et de réaliser l’Agenda 2063 de l’UA », a déclaré Mme Kagwanja. Elle a souligné que les chaînes de valeur agricoles régionales sont essentielles pour assurer la sécurité alimentaire et la transformation économique à travers le continent.
La CEA, en partenariat avec la CUA, a élaboré des *Lignes directrices pour le développement des chaînes de valeur agricoles régionales en Afrique*, approuvées par l’UA en 2019. Ces lignes directrices fournissent un cadre aux décideurs politiques pour promouvoir une croissance agricole durable et le commerce intra-africain.
L’EconomisteSenegal


