Le Sénégal fait face à une situation économique préoccupante, avec une dette accumulée entre 2019 et 2024 de près sept milliards de dollars sous le régime précédent. Les pourparlers entamés avec le Fonds monétaire international (Fmi) pour la signature d’un nouveau programme tirent en longueur.
Jeudi dernier, lors de son traditionnel point de presse hebdomadaire, Julie Kozack, la Directrice de la communication du Fmi, s’est voulu rassurant. Elle a déclaré que l’institution financière internationale compte poursuivre le dialogue avec les autorités sénégalaises afin de finaliser un accord sur les politiques restantes et les réformes qui sous-tendront un nouveau programme.
A ce propos, elle a informé que le Fmi compte proposer une approche qui consistera essentiellement en des mesures convenues avec les autorités sénégalaises. Des mesures pour s’attaquer aux causes profondes de la dette cachée et aux vulnérabilités macroéconomiques.
Elle a annoncé que «dans ce cadre, aucune demande de remboursement anticipé ne sera formulée», précisant toutefois que cette approche sera d’abord soumise à l’approbation formelle de leur Conseil d’administration.
Une proposition saluée par Dr Chérif Salif Sy, consultant international, directeur du Forum du Tiers-monde selon qui la perspective d’obtenir un « waiver », c’est-à-dire une dérogation, représente une véritable bouffée d’air pour l’économie nationale.
Dans une contribution publiée sur les réseaux sociaux, il rappelle qu’un waiver est une dispense officielle que le FMI accorde à un pays lorsqu’il n’a pas respecté certains engagements inscrits dans son programme : limites de déficit, réformes prévues, gestion de la dette, transparence budgétaire, etc.
Sans cette dérogation, souligne-t-il, le FMI peut suspendre son programme, bloquer les nouveaux financements, voire exiger le remboursement immédiat des montants considérés comme non conformes.
« Avec un waiver, les décaissements passés sont validés rétroactivement et le programme continue sans rupture de financement », note l’économiste sénégalais, par ailleurs, secrétaire général de l’Association sénégalaise des économistes (ASE).
Selon lui, la possibilité d’obtenir un waiver apparaît aujourd’hui comme un facteur clé pour stabiliser les finances publiques, rassurer les marchés et redonner du souffle à l’économie sénégalaise.
Toutefois, rappelle-t-il, cette dérogation s’accompagne d’un impératif : transformer cette marge de manœuvre en opportunité pour renforcer la gouvernance, assainir les comptes publics et restaurer une trajectoire de croissance solide et crédible.
Estimant qu’un waiver n’est pas un chèque en blanc, il note qu’il est à la fois ‘’une respiration et un signal fort’’ pour le Sénégal. ‘’L’économie sénégalaise, déjà sous pression, ne pouvait se permettre un remboursement abrupt ni une suspension du soutien financier international’’, affirme-t-il, soulignant que ‘’l’obtention d’un waiver signifierait que les manquements sont reconnus mais jugés justifiables ou corrigibles’’.
L’EconomisteSenegal


