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mardi, février 3, 2026

« Franc CFA, langue française et développement : ne pas confondre l’outil et la cause », selon un économiste sénégalais

 

« Le débat sur le franc CFA est souvent parasité par une confusion entre outil et cause », soutient le Professeur Amath NDIAYE, économiste et enseignant-chercheur sénégalais, à la Faculté des Sciences Économiques et de Gestion (FASEG) de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar

« Soutenir que le CFA serait, à lui seul, responsable de la dépendance économique africaine ne repose sur aucun fondement scientifique solide, mais davantage sur des récits idéologiques et des idées reçues », a-t-il écrit dans une contribution publiée sur les réseaux sociaux.

L’économiste sénégalais note que les mêmes difficultés – faible industrialisation, dépendance aux importations, domination du capital étranger, fuite des capitaux, pauvreté – se retrouvent aussi bien dans les pays CFA que dans ceux disposant d’une monnaie nationale.

Soulignant que les banques centrales n’ont pas pour mission de financer le développement, mais d’assurer la stabilité monétaire et financière le Pr Amtath Ndiaye, rappelle que le développement relève des politiques budgétaires, industrielles et institutionnelles des États.

« Accuser la monnaie de l’échec de ces politiques revient à déplacer le problème sans le résoudre », reconnait-il.

 

Un parallélisme éclairant peut être fait avec la langue française. Son usage n’est pas la cause de la crise des valeurs ou de la mauvaise gouvernance au Sénégal. De même, l’intégration économique et politique du continent ne peut, à ce stade, se passer du français et de l’anglais hérités de la colonisation. L’outil n’est pas responsable de la qualité de son usage.

Fort ce constat, il indique que la lucidité impose un raisonnement dialectique, a savoir « reconnaître l’héritage colonial et ses contraintes, sans en faire une explication mécanique de tous nos échecs ».

Sans ambages, il affirme que la véritable émancipation passera par la transformation des structures productives, la discipline budgétaire, la lutte contre la corruption et la qualité des institutions.

« Sans ces réformes, changer de monnaie ou de symbole ne changera pas la réalité vécue par le citoyen », assure-t-il.

L’EconomisteSenegal

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