Le Sénégal entreprend une réforme majeure de la régulation des médias, avec la transformation du Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA) en un Conseil National de Régulation des Médias (CNRM).
Un projet de loi dans ce sens a été adopté en Conseil des ministres du mercredi 7 janvier.
Ainsi, le CNRM va succéder au CNRA qui avait été créé en 2006, sur les cendres du Haut Conseil de l’Audiovisuel (HCA)), pour gérer le paysage audiovisuel sénégalais d’alors, marqué par l’avènement de plusieurs stations de radios commerciales, communautaires et la perspective de nouvelles chaînes de télévisions.
La création du CNRM traduit, selon le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, la volonté de l’Etat de définir de nouvelles règles imposables à tous les acteurs de la sphère médiatique sénégalaise, sans porter atteinte aux libertés fondamentales.
En effet, en près de vingt ans, l’écosystème médiatique sénégalais a profondément évolué. Avec le CNRM, le gouvernement sénégalais veut renforcer la gouvernance du secteur médiatique et d’accompagner son développement dans un environnement réglementé, transparent et conforme aux standards démocratiques.
Cette nouvelle donne suppose que le CNRM prenne en compte l’ensemble de l’écosystème médiatique, dont la presse digitale, les plateformes en ligne, les producteurs de contenus et les médias internationaux accessibles sur le territoire. L’idée qui soutend cette démarche est de prévenir les dérives et promouvoir un environnement professionnel responsable,
L’extension de la régulation aux plateformes numériques se justifie selon le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique du Sénégal, Alioune Sall, par la volonté d’endiguer la prolifération de contenus illégaux ou nuisibles, notamment les discours de haine, la désinformation et le harcèlement en ligne, devenus monnaie courante dans l’espace numérique.
« L’enjeu majeur reste de trouver un équilibre délicat entre une régulation efficace et la préservation de l’innovation technologique », souligne-t-il.
Ce projet de loi sera soumis, prochainement, pour examen, à l’Assemblée nationale.
L’EconomisteSenegal


