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jeudi, avril 2, 2026

La diffusion de la technologie dans les secteurs productifs, enjeu principal en Afrique, selon le Secrétaire exécutif de la CEA

En Afrique, l’’enjeu principal n’est pas l’accès à la technologie en soi, mais sa diffusion effective dans les secteurs productifs, affirme le Sous-secrétaire général des Nations Unies et Secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), M. Claver Gatete

Lors de son allocution a la 58e session de la Conférence des ministres africains des Finances, de la Planification et du Développement économique de la CEA, qui se tient à Tanger (Maroc) sous le thème : « La croissance par l’innovation : exploiter les données et les technologies de pointe pour la transformation économique de l’Afrique », M. Gatete estime que c’’est pourquoi l’innovation doit être abordée dans le cadre d’une politique plus large et intégrée qui relie les finances, la technologie et les changements structurels.

Même s’ils sont inégaux, le secrétaire exécutif de la CEA se félicite des progrès importants qui existent sur le continent sur lesquels s’appuyer.

Il a cité, à ce propos, les plateformes numériques et les innovations en matière de technologies financières élargissent l’accès au financement répertoriées au Kenya, au Rwanda et au Ghana, les technologies agricoles intelligentes améliorent la productivité et la résilience climatique, au Botswana, et les investissements dans les énergies renouvelables et l’hydrogène vert ouvrent de nouvelles voies pour le développement industriel opérés au Maroc, en Namibie et en Afrique du Sud.

‘’Sans une action résolue, nous risquons la marginalisation numérique, un creusement des écarts de productivité et une externalisation persistante de la valeur issue des économies africaines’’ ; souligne-t-il, regrettant que malgré l’expansion de l’activité numérique à travers le continent, une part importante de la valeur – qu’il s’agisse des revenus générés par nos données, de la propriété des algorithmes et de la propriété intellectuelle, ou des bénéfices tirés des plateformes numériques – continue de s’accumuler ailleurs.

A son avis, le changement de cette situation s’impose et  cela nécessite des politiques délibérées visant à garantir que les pays africains conservent et captent cette valeur issue de leurs données grâce à des cadres de gouvernance, des systèmes réglementaires et des mécanismes de fiscalité numérique efficaces.

Selon lui, la question n’est donc pas de savoir si l’Afrique est capable de se transformer, mais à quel rythme et avec quelle détermination ses dirigeant sont prêts à agir.

A cet effet, M Gatete a listé quatre priorités étroitement liées qui, selon lui,  peuvent aider l’Afrique à tirer parti de l’innovation et des technologies de pointe pour opérer une transformation économique durable.

En premier lieu, a –t-il dit, l’Afrique doit investir dans les fondements d’une économie moderne, soulignant que sans énergie fiable, sans connectivité numérique robuste et sans infrastructure de données solide, l’innovation sera freinée et la transformation, aussi bien conçue soit-elle, restera hors de portée. Une nécessité qui impose selon lui, d’accélérer les projets d’infrastructure, notamment ceux relevant du Programme de développement des infrastructures en Afrique mené par l’AUDA-NEPAD, et de donner la priorité aux systèmes de données régionaux.

Comme deuxième priorité, il appelle les dirigeants du continent a investir résolument dans les ressources humaines, estimant que les systèmes éducatifs et de formation en Afriaue doivent s’adapter aux exigences d’une économie en pleine évolution, portée par la technologie, afin que la jeunesse africaine ne soit pas seulement actrice du changement, mais aussi son moteur.

Rappelant qu’aucun pays ne peut se transformer isolément, le secrétaire exécutif de la CEA soutient que l’Afrique doit donc agir collectivement grâce à la mise en œuvre effective de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA). A ce propos, il note que la ZLECA offre une plateforme permettant d’élargir les marchés, de permettre aux entreprises d’opérer au-delà des frontières, de tirer parti de systèmes tels que le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS) pour les paiements transfrontaliers en monnaies locales, et d’accélérer la diffusion de l’innovation à travers le continent.

Pour finir, il plaide pour que la question du financement en Afrique soit abordée de front et de manière stratégique, relevant qu’’une transformation à grande échelle nécessite un financement à grande échelle’’.
L’Economiste Sénégal

 

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