Dans sa Déclaration de politique générale, présentée ce mardi 8 septembre devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre du Sénégal, Ahmadou Al Aminou Lô a précisé que l’accord technique conclu avec le Fonds monétaire international (FMI) le 1 er septembre dernier n’ouvre pas la voie à une restructuration de la dette du pays. Le Senegal opte plutôt sur son plan de traitement de la dette (PTDS) en misant sur un allongement des maturités et une renégociation des intérêts.
« Ce n’est pas une restructuration, c’est du reprofilage. Le reprofilage, c’est l’allongement des maturités, la renégociation des intérêts de sorte que ça soit compatible avec nos besoins de financement et un service de la dette compatible avec nos capacités réelles », a-t-il dit, faisant du redressement un prérequis pour une action publique efficace et transparente dans le contexte que vit le pays.
La semaine dernière, le FMI et le Sénégal ont annoncé être parvenus à un accord au niveau des services pour un plan de prêt de 2,2 milliards de dollars sur trois ans. Un précédent programme du Fonds monétaire international avait été suspendu en 2024 après la révélation de déclarations inexactes sur le niveau de la dette sous le gouvernement sénégalais précédent.
Le Premier ministre sénégalais a centré son discours autour du quatre axes dont le maintien du cap dans le cadre de la vision 2050, la poursuite du redressement des comptes pour accélérer l’ambition d’un Sénégal souverain, juste et prospère.
« Les audits engagés dès 2024 et les travaux de la Cour des comptes ont établi ce que personne ne peut plus contester plus sérieusement : des déficits et un endettement sans commune mesure avec les chiffres déclarés pendant des années. À la fin de 2024, la dette du secteur public consolidé s’établissait autour de 132 % du produit intérieur brut, soit plus de 23 500 milliards de francs CFA », a détaillé le Premier ministre sénégalais. Il a aussi évoqué un stock de 1956 milliards francs pour la dette de l’état envers les entreprises
« A fin août 2026, la mobilisation de ressources domestiques notamment fiscales s’est élevée à 172,5 milliards pour un objectif de 303,3 milliards, soit un taux de réalisation de 56,9% », a-t-il souligné pour mettre en exergue les limites du plan de redressement économique du Sénégal (PRES) lancé par son prédécesseur Ousmane Sonko.
Face ainsi à l’incapacité du pays à s’endetter dans sa propre monnaie et la faiblesse de l’épargne nationale (24% du PIB en 2026), annihilant toute ambition d’un financement endogène, le recours au Fonds monétaire international devenait un impératif selon lui pour ne pas aller droit au mur.
Les cinq dégradations de la note du Sénégal par les agences de notation en ont rajouté une couche plus sombre. Lô a affirmé que le gouvernement est ainsi engagé à restaurer la viabilité de la dette, à rétablir la confiance et à relancer l’économie. Ceci à travers le règlement progressif des arriérés de l’état, la rationalisation des dépenses dont la suppression de 19 agences, un meilleur ciblage des subventions …
Rétablir la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette, réduire les vulnérabilités budgétaires et extérieures, accroître les dépenses sociales et soutenir une croissance durable tirée par le secteur privé sont les ambitions du gouvernement à travers cette série de réformes. L’EconomisteSenegal


