Le Premier Ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, a réaffirmé la priorité que le Gouvernement accorde à la campagne de commercialisation de l’arachide.
Dans sa communication au Conseil des ministres tenu ce mercredi 7 janvier 2026, il a rappelé que, dans cette optique, l’État demeure pleinement engagé à garantir un prix juste aux producteurs, assurer la fluidité des paiements, sécuriser les circuits de collecte et de transport, protéger les installations industrielles et veiller à l’application rigoureuse des décisions issues des Conseils interministériels dédiés.
Pour la campagne de commercialisation 2025-2026, le gouvernement a fixé le prix d’achat à 305 FCFA/kg d’arachide.
Selon les premières estimations techniques de la Direction de l’Analyse, de la Prévision et des Statistiques Agricoles (DAPSA), la production nationale d’arachide pour la campagne 2024-2025 pourrait dépasser la barre des 900 000 tonnes, un record symbolique qui confirme la dynamique de relance du secteur agricole.
Le Premier Ministre a souligné les mesures arrêtées par le Gouvernement dans ce cadre. Ainsi, pour la SONACOS, il a retenu de faire passer l’objectif de 250 000 tonnes à 450 000 tonnes.
S’agissant du financement, le Ministre des Finances et du Budget (MFB) a pu mobiliser 50 milliards, dont 22 milliards auprès de La Banque Agricole (LBA) et 28 milliards auprès de la Banque nationale de Développement économique (BNDE), suivant une intervention par adjudication sur le marché monétaire.
La subvention aux industriels sera accordée à ceux qui justifieront leur approvisionnement direct à partir des points de collecte et suivant le prix plancher.
Relativement à l’exportation de graines, la suspension de la taxe de 40f/kg est conditionnée à la justification de l’approvisionnement exclusive, par les opérateurs exportateurs, aux points de collecte agréés.
Le Premier Ministre a également demandé de veiller à l’installation et au fonctionnement effectif des points de collectes agréés et de mobiliser tous les moyens disponibles pour mettre un terme à l’approvisionnement des opérateurs privés stockeurs (OPS) par des circuits parallèles. Il préconise la révision de la politique de la filière. A cet effet, un Comité sera mis en place pour formuler des propositions de la nouvelle politique arachidière du Sénégal.
Le Premier Ministre a rappelé la tournée qu’il a effectuée dans le bassin arachidier, afin d’apprécier l’état d’avancement du dispositif de commercialisation de l’arachide et de mesurer l’effectivité des orientations arrêtées par le Gouvernement.
Cette mission a permis de faire des échanges directs avec les acteurs (producteurs, opérateurs économiques, huiliers industriels, transporteurs, banquiers, collectivités territoriales et services techniques de l’État) et d’identifier les contraintes opérationnelles persistantes afférentes au respect du prix plancher, au manque de liquidité financière et de fluidité des paiements, à la taxe à l’exportation, à l’insuffisance des points de collecte et à la lenteur dans le déchargement des camions.
Dans sa communication au Conseil des ministres, le Président de la République demande au Premier Ministre de prendre toutes les mesures idoines en vue d’assurer les meilleures conditions de financement et de commercialisation de la production agricole. Ceci, en égard au fait que la campagne de commercialisation agricole constitue une période cruciale de la vie économique et sociale nationale,
Bassirou Diomaye Faye a rappelé, en outre, l’impératif d’une refondation consensuelle de la politique agricole, basée sur la maitrise de l’eau, l’extension des aménagements, l’amélioration des équipements et des rendements, le développement d’unités de stockage et de conservation des produits, ainsi que la révision concertée des cadres de financement et de subvention.
Cette refondation intègre la restructuration des marchés agricoles, la redéfinition du modèle économique de l’Agriculture et le développement de l’agro-industrie nationale.
Enfin, le Chef de l’Etat demande au Gouvernement de veiller à l’adoption, en Conseil des Ministres, avant la fin du mois de janvier 2026, du projet de loi d’orientation agrosylvopastorale et halieutique et de ses textes d’application.
l’EconomisteSenegal


