« L’Afrique n’a pas besoin que l’on asphyxie par une dette injuste et odieuse, mais elle plutôt besoin de croissance pour tirer le monde », a déclaré ce mardi 24 février, le Premier Ministre Ousmane Sonko lors d’une séance plénière de l’Assemblée nationale consacrée aux questions d’actualité au gouvernement.
Le chef du gouvernement et les membres de son équipe qui se sont soumis pendant plus de 3 heures d’horloge, aux questions des députés portant sur l’actualité reste convaincu que « le seul ilot de croissance dans ce monde actuel se trouve en Afrique ».
« C’est en Afrique où tout est à construire », assure Sonko, avant de s’interroger « Est-ce que cela se fera sans les Africains comme cela a toujours été le cas depuis la traite négrière, la colonisation, le néocolonialisme ? » « C’est à nous Africains d’y répondre », clame-t-il.
Rendant compte d’une audience qu’il a accordée en marge du 39 eme sommet de l’Union africaine (UA), tenu les 14 et 15 février à Addis Abeba (Ethiopie) a l’éminent économiste américain, le professeur Jeffrey Sachs, Sonko explique qu’en l’écoutant, il s’est entendu parler et écrire tellement était forte leur convergence de vues sur le développement de l’Afrique. Il a cité les propos de l’économiste américain en ces termes : « Ce qui intéresse le FMI, ce n’est pas votre développement, mais que vous restez pauvre et sage. Le Sénégal et l’Afrique en général n’ont pas besoin d’annulation de la dette ni de restructuration, mais ils ont plutôt besoin de marge de manœuvre. Les créanciers doivent vous accorder un répit de 20 à 30 ans pendant lequel vous ne vous préoccuperez pas de service de la dette. Vous n’avez pas besoin d’austérité mais de croissance. Je crois que les 30 prochaines années seront pour l’Afrique une période de croissance économique extrêmement dynamique. La chine a décollé en 1980, l’inde en 2000 et c’est au tour de l’Afrique de prendre son envol. Il vous faut viser une croissance annuelle endogène d’au moins 10 % avec un effort particulier dans les domaines des infrastructures et de l’éducation et un groupe de leaders africains partageant la même volonté politique pour lancer le mouvement vers la croissance et les autres suivront. Vous ne pouvez pas attendre que 55 pays soient alignes pour amorcer le processus du développement ».
Affirmant partager l’avis de Jeffrey Sachs, il soutient que le Sénégal a aujourdui le leadership qu’il faut pour faire partie de ce groupe de pays africains capables d’impulser le développement du continent.
« Au Sénégal notre bataille a été pour la bonne gouvernance et elle va le rester assurer notre souveraineté », avant de réitérer sa conviction que le pays atteindra une croissance à deux chiffres pour avoir les retombées qu’il faut pour réaliser son développement ». Le Sénégal fait face à une dette vertigineuse et inédite de plus de 130 % du PIB.
L’EconomisteSenegal


