Le Forum des entreprises africaines – Africa Business Forum- (ABF 2026) s’est achevé sur un appel pressant en faveur d’investissements à long terme et tolérants afin de libérer le potentiel d’innovation de l’Afrique et de favoriser une croissance inclusive et créatrice d’emplois sur tout le continent.
Organisé du 16 février au 17 février, 2026 à Addis-Abeba, (Éthiopie) par la Commission économique pour l’Afrique (CEA), en marge du sommet de l’Union africaine, le Forum a lancé un outil de suivi des engagements en matière d’emploi (Jobs Wall Commitment Tracker) afin de recenser, de présenter et de suivre les engagements pris par les secteurs public et privé en matière d’emploi.
Axé sur le thème « Financer l’avenir de l’Afrique : emplois et innovation au service d’une transformation durable », le Forum a mis en lumière la capacité de l’Afrique à acheminer des investissements, établir des partenariats et formuler des actions politiques permettant de créer des emplois, de renforcer les écosystèmes d’innovation et libérer le potentiel créatif, en accordant une attention particulière aux industries numériques, aux PME et à l’économie créative africaine en pleine expansion. La mise en œuvre s’appuiera sur deux mécanismes phares : Le Pacte pour la résilience et la transformation de la jeunesse africain (AYRTC) : un cadre piloté par une coalition qui vise à harmoniser les initiatives existantes de financement, d’innovation et de protection de la jeunesse sous une architecture de politique et de responsabilité partagée, et ce sous l’égide de la CEA.
Le « Mur des engagements » en matière d’emploi : une plateforme facilitée par la CEA permettant de documenter les engagements et de suivre les progrès des gouvernements, des institutions de financement du développement, des entreprises et des fondations.
La rencontre a réuni des chefs d’État, des dirigeants du monde des affaires et du secteur créatif, des décideurs politiques et des bailleurs de fonds du développement afin de tracer de nouvelles voies pour une industrialisation durable et l’intégration des marchés.
Les participants ont convenu que la croissance démographique rapide de l’Afrique représente une opportunité économique stratégique qui nécessite des investissements décisifs dans la recherche, l’innovation et les écosystèmes entrepreneuriaux, fondés sur des capitaux tolérants au risque et axés sur la croissance plutôt que sur l’aide.
Le Forum a souligné que la transformation structurelle doit être stimulée par une chaîne de valeur régionale intégrée et la pleine réalisation de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA). Cela implique une harmonisation des réglementations, une réduction des coûts d’investissement et une croissance transfrontalière des entreprises afin de favoriser la création d’emplois durables.
Les dirigeants des secteurs public et privé ont également appelé à une réorientation du financement du développement vers des modèles d’investissement basés sur les écosystèmes, reliant les infrastructures, les chaînes de valeur industrielles, les marchés numériques et les systèmes d’énergie verte à des résultats durables en matière d’emploi. Ils ont réaffirmé que la participation économique des femmes doit être institutionnalisée en tant que pilier central de cette transformation, et non considérée comme un simple complément.
Le secrétaire exécutif de la CEA, Claver Gatete, a fait remarquer qu’à mesure que les capitaux mondiaux deviennent plus sélectifs et concentrés, l’échelle, la sécurité et les marchés futurs sont assurés. « La question n’est pas de savoir si les capitaux existent », a-t-il souligné. « La vraie question est : où émergeront les prochains moteurs de la croissance mondiale ? »
Il a fait valoir qu’avec la main-d’œuvre la plus jeune au monde, l’urbanisation accélérée, l’adoption rapide du numérique et l’expansion des marchés de consommation, le continent est déjà en train de subir une transformation structurelle ancrée dans la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), qui crée un marché unique de plus de 1,5 milliard de personnes.
En outre, du traitement du cacao par des jeunes en Côte d’Ivoire à la chaîne de valeur automobile intégrée au Maroc, en passant par l’écosystème de paiements numériques en pleine expansion en Éthiopie, tout cela prouve que l’Afrique commence à exporter de la valeur, et pas seulement des matières premières.
Les principales recommandations du forum portent sur la nécessité de redéfinir le discours sur les risques en Afrique et débloquer des capitaux abordables à long terme en mobilisant les ressources nationales et en lançant des mécanismes de réduction des risques afin d’attirer les investissements dans les PME et les secteurs productifs.
L’ABF 2026 appelle aussi à ancrer le financement dans la valeur ajoutée et la transformation industrielle, en utilisant des cadres de partenariat public-privé standardisés pour réduire les coûts de capital et attirer les investisseurs à grande échelle.
La rencontre invite également a orienter le financement du développement vers une transformation basée sur les écosystèmes, en intégrant les chaînes de valeur, les marchés numériques et les zones économiques spéciales comme moteurs de croissance.
Africa Business Forum souhaite aussi tirer parti des technologies numériques et de l’intelligence artificielle pour renforcer les systèmes éducatifs, améliorer la gouvernance des données et orienter les investissements vers des initiatives fondées sur des données probantes.
Le Forum demande à aligner les universités, les systèmes de compétences et les écosystèmes entrepreneuriaux sur les besoins du marché afin d’accélérer l’innovation et la croissance des entreprises. Le Forum a conclu que la transformation de l’Afrique dépendait du financement de son propre avenir, c’est-à-dire de l’investissement dans les personnes, les idées et l’innovation afin de stimuler une croissance durable. Il sera essentiel de nouer des partenariats avec l’Afrique, et pas seulement en Afrique, afin de garantir que les flux de capitaux correspondent aux priorités et au potentiel du continent.
Organisé chaque année par la CEA, en partenariat avec des parties prenantes clés, notamment la Commission de l’Union africaine, le Forum constitue une plateforme de premier plan pour les échanges de haut niveau entre les chefs d’État et de gouvernement africains, les dirigeants du secteur privé, les institutions financières de développement et les partenaires internationaux. L’EconomisteSenegal


