Le débat actuel autour de la dette publique au Sénégal cristallise toutes les attentions. Tandis que certains économistes appellent le Sénégal à » restructurer » sa dette, comme l’ont fait d’autres pays, l’économiste Anouar Ayache pense autrement. Il rappelle que l’histoire récente montre que reprofiler et restructurer n’ont jamais eu les mêmes conséquences, ni la même lecture par les marchés internationaux.
Dans une analyse documentée publiée sur les réseaux sociaux et basée sur des cas concrets, il estime que le reprofilage de la dette est la voie la plus adéquate pour un pays comme le Sénégal.
Son argumentaire tient au fait que le pays n’est pas en défaut, n’est pas en situation de pré-faillite et dispose de recettes futures liées au pétrole et au gaz. Egalement, souligne-t-il, le Sénégal travaille à un nouveau programme avec le Fonds monétaire internationale (FMI), et devrait bénéficier d’un waiver (un différé de paiement de la dette).
Dans ces conditions, soutient Anouar Ayache, une restructuration serait non seulement excessive mais destructrice car elle impliquerait une décote, un défaut technique, une perte d’accès aux marchés internationaux et une montée soudaine du coût de la dette.
À l’inverse, relève-t-il, le reprofilage, comme l’ont fait l’Angola, le Nigéria ou Trinité-et-Tobago, serait mieux adaptée, raisonnable, et compatible avec la préservation de la crédibilité internationale.
Le Sénégal fait face à une situation économique préoccupante, avec une dette accumulée entre 2019 et 2024 de près sept milliards de dollars sous le régime précédent. Les pourparlers entamés avec le Fonds monétaire international (Fmi) pour la signature d’un nouveau programme tirent en longueur.
La situation économique du pays est exacerbée par la suspension du programme du FMI de 1,8 milliard de dollars en octobre 2024, suite à la révélation de la dette publique sous le gouvernement précédent. Cette suspension a sévèrement restreint l’accès du pays aux financements concessionnels à faible coût L’EconomisteSenegal


