L’élevage constitue une part essentielle de l’économie du Sénégal, représentant environ un tiers des ménages. Ainsi, les autorités du pays sont déterminées à atteindre l’autosuffisance en produits animaux grâce à une stratégie ambitieuse d’amélioration génétique du bétail.
Soucieux de réduire sa dépendance aux importations et de renforcer la résilience de son secteur de l’élevage, le Sénégal a réceptionné une cargaison de 1 050 bovins de races améliorées composés de géniteurs et de vaches gestantes Guzerá, de vaches laitières Girolando, mais aussi de bovins Holstein en provenance du Brésil.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la politique nationale d’amélioration génétique du cheptel initiée par l’État du Sénégal et colle à la vision gouvernementale visant à bâtir un secteur de l’élevage moderne, compétitif et durable, à même de renforcer la souveraineté alimentaire et animale du pays.
Elle a nécessité un investissement global de trois milliards de francs CFA, dont 1,45 milliard subventionné par l’État, le reste étant assuré par les contributions des éleveurs bénéficiaires.
À travers cette initiative, les autorités du pays entendent renforcer les filières lait et viande, améliorer la productivité des races locales, réduire les importations de produits laitiers et créer de nouvelles opportunités économiques en milieu rural, dans une logique de souveraineté alimentaire.
La production laitière du Sénégal a enregistré une augmentation de 15,2% entre 2017 et 2021, atteignant près de 280,6 millions de litres. Toutefois, malgré ces progrès, le pays reste encore dépendant des importations pour couvrir environ la moitié de ses besoins en produits laitiers. En 2024, la facture d’importation des produits laitiers a atteint 65,7 milliards FCFA, en augmentation de 20% par rapport à l’année précédente.
S’agissant de la filière viande, les importations stagnent à 28 000 tonnes en 2024, mais la facture d’achat a augmenté de 21%, atteignant 21,1 milliards FCFA. La viande bovine demeure la deuxième source de protéines animales au Sénégal après le poulet, avec une production locale d’environ 320 619 tonnes en 2022, dont 29,5% provient des élevages bovins.
« Je suis fier d’annoncer une avancée décisive pour l’élevage sénégalais avec l’arrivée au Sénégal, ce mercredi 24 décembre 2025, de ces animaux d’élite qui matérialisent la volonté des autorités du pays de faire de la souveraineté alimentaire une réalité durable » a déclaré Mabouba Diagne.
Selon lui, le choix de ces races s’inspire de l’expérience brésilienne, qui a permis à ce pays d’atteindre l’autosuffisance en lait et en viande. Mabouba Diagne a salué la collaboration « exemplaire » entre l’État, le Groupement des éleveurs et pasteurs du Sénégal (GEPES) pour la matérialisation. « Ensemble, nous ouvrons une nouvelle ère pour un élevage moderne, performant et résolument tourné vers l’avenir du Sénégal », a-t-il assuré.
L’EconomisteSenegal


