La Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) a exhorté les gouvernements ouest-africains à placer l’emploi des jeunes au centre de leurs stratégies de transformation économique.
Cet appel a été lancé à l’ouverture de la vingt-neuvième session du Comité intergouvernemental de hauts fonctionnaires et d’experts pour l’Afrique de l’Ouest (CIHFEAO), qui s’est tenue du 28 au 30 octobre 2026, à Freetown, en Sierra Leone.
La session est organisée par le Bureau sous-régional pour l’Afrique de l’Ouest de la CEA (CEA/BSR-AO), en collaboration avec le ministère de la Planification et du Développement économique de la Sierra Leone.
A cet, effet, la CEA invite les gouvernements ouest-africains à établir un lien entre les investissements dans le capital humain, les possibilités d’emplois productifs, le développement industriel et l’intégration économique régionale.
Placée sous le thème « Libérer le potentiel des jeunes en Afrique de l’Ouest : leviers pour l’emploi, la transformation économique et la résilience », la rencontre a réuni des représentants des 15 pays de la sous-région, ainsi que des institutions régionales et internationales, notamment la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), des partenaires au développement, des représentants du secteur privé, des organisations de la société civile et d’autres experts.
S’exprimant au nom du Vice-Président de la République de Sierra Leone, la ministre de la Planification et du Développement économique, Kenyeh Barlay a appelé les pays participants à traduire les délibérations de la rencontre en engagements mesurables en faveur de l’autonomisation des jeunes.
Elle a souhaité que la session puisse aboutir à une Déclaration de Freetown sur l’autonomisation des jeunes en Afrique de l’Ouest, axée sur l’action, assortie d’objectifs à court terme, « clairs et mesurables ».
Selon elle, cette Déclaration devrait engager les gouvernements ouest africains, les institutions et les partenaires à prendre des mesures concrètes en faveur des jeunes de l’Afrique de l’Ouest.
La ministre sierra léonaise de la Planification et du Développement économique a révélé que son pays est « prêt » à montrer l’exemple invitant chaque État membre à faire de même.
Mme Ngone Diop, Directrice du Bureau sous-régional pour l’Afrique de l’Ouest de la CEA , a souligné l’ampleur de l’opportunité démographique dont dispose la région et l’urgence de créer un environnement économique permettant aux jeunes de contribuer pleinement au développement.
« En 2026, on estime que 60,9 % de la population de l’Afrique de l’Ouest a moins de 25 ans. Ici, en Sierra Leone, cette proportion est d’environ 57,8 %. Ces chiffres représentent un potentiel humain, une capacité d’innovation et une capacité productive extraordinaires », a-t-elle déclaré.
« Ces réalités mettent en évidence une exigence fondamentale en matière de politiques publiques. Nous devons aller au-delà d’une approche qui considère l’emploi des jeunes comme un défi isolé et le placer au cœur de nos stratégies de transformation économique. Libérer le potentiel des jeunes exige de relier les investissements dans le capital humain à la transformation de nos économies », a-t-elle ajouté.
Mme Diop a souligné que la jeunesse de la population régionale peut devenir un puissant moteur de développement si elle bénéficie de politiques favorisant l’accès à des compétences adaptées, à des emplois productifs, à l’entrepreneuriat et aux opportunités économiques. Cela nécessite un meilleur alignement entre les systèmes éducatifs et les besoins du marché du travail, des investissements accrus dans les secteurs productifs et une coopération régionale plus efficace afin de multiplier les possibilités à grande échelle.
La Coordonnatrice résidente du Système des Nations Unies en Sierra Leone, Mme Seraphine Wakana, a, pour sa part, mis en avant l’importance d’une collaboration durable entre les gouvernements, les institutions régionales et les partenaires au développement pour faire progresser des solutions concrètes aux défis de développement de la région.
« (…) Ce forum constitue une plateforme permettant aux gouvernements, aux institutions régionales, aux partenaires au développement, au monde universitaire, à la société civile et au secteur privé d’échanger leurs expériences et de dégager des solutions pratiques », a-t-elle dit, avant d’encourager tous les participants à prendre part aux échanges avec ouverture et dans un esprit constructif.
« Faisons de cette session une occasion non seulement d’évaluer les défis, mais aussi de faire avancer des recommandations concrètes et des partenariats susceptibles d’accélérer les progrès dans toute la région », plaide Mme Seraphine Wakana, invitant les gouvernements des pays ouest africains de « passer des ambitions à la mise en œuvre, des discussions à l’action, et des initiatives isolées à des réponses coordonnées et porteuses de transformation. »
L’EconomisteSénégal


