Après deux rejets en commission des finances et du contrôle budgétaire, sur fond de désaccords politiques et de tensions autour des choix budgétaires, le projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026 sera examiné en séance plénière, le mardi 3 novembre.
La Commission des finances et du contrôle budgétaire avait rejeté à la majorité le vendredi passé, le PLFR 2026, après le renvoi demandé par le gouvernement.
Le texte avait été examiné en plénière en début de semaine, avant d’être renvoyé en commission. Le gouvernement avait demandé et obtenu ce renvoi. Il avait ensuite répondu aux préoccupations de la commission, formulées dans un mémorandum qui détaille notamment les contraintes budgétaires, le financement du déficit, les subventions à l’énergie et le règlement des arriérés de paiement.
Le groupe parlementaire PASTEF-Les Patriotes, formation au pouvoir, a annoncé dans la foulée qu’il n’adopterait pas en l’état le PLFR 2026, reprochant au gouvernement de n’avoir apporté aucune modification au texte présenté lors du premier examen en commission.
Dans un communiqué, le groupe parlementaire de la majorité avance cinq principaux motifs pour justifier sa position. Les députés affiliés à ce parti dénoncent notamment « un manque de sincérité budgétaire concernant le déficit et la dette, ainsi que l’inefficacité des mesures de lutte contre la cherté de la vie et de protection du pouvoir d’achat ».
Ils s’insurgent aussi contre ce qu’ils qualifient « d’incohérence dans les choix d’investissement public et les priorités sociales, un déficit de transparence dans la communication de documents jugés essentiels à la compréhension du PLFR, ainsi que le refus de rationaliser les agences et d’encadrer les fonds spéciaux ».
En réaction, le Ministère de l’Économie, des Finances et du Plan dit « prendre acte » du deuxième rejet du projet de loi de finances rectificative (LFR) pour 2026 par la Commission des Finances et du Contrôle budgétaire de l’Assemblée nationale, lors de sa réunion du vendredi 30 octobre 2026.
Le communiqué du MEFP rappelle que, dans une démarche de transparence budgétaire et de dialogue constructif, un document très détaillé a été transmis le vendredi 30 octobre à la Commission, en réponse à un mémorandum de la Commission, reçu le 26 octobre 2026, retraçant les principales préoccupations du groupe parlementaire PASTEF.
Selon le ministère, plusieurs phases d’échanges ont permis de répondre à toutes les préoccupations soulevées, notamment celles concernant les subventions énergétiques, les bourses de sécurité familiale et les dépenses prioritaires. Autant de facilités qui n’ont pas empêché le rejet du PLRF 2026 par la commission des finances et du contrôle budgétaire.
Ce rejet intervient dans un contexte de marges de manœuvre budgétaires particulièrement réduites, de difficultés d’accès aux marchés financiers et de négociations en cours avec le Fonds monétaire international. Alors que la reprise des investissements exige des signaux de confiance, la prolongation de l’incertitude budgétaire risque de compromettre la mobilisation des financements destinés à couvrir les gaps de ressources en 2026 et d’accroître les tensions sur la trésorerie de l’État, au détriment des dépenses prioritaires et des populations.
Toutefois, le Ministère de l’Économie, des Finances et du Plan réaffirme sa disponibilité à poursuivre les échanges de manière constructive et responsable lors de la séance plénière et appelle les députés « à faire preuve de responsabilités et à veiller à l’intérêt supérieur des populations » pour l’adoption de la loi de finances rectificative afin de soulager les populations. L’EconomisteSénégal


