La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) a officiellement lancé ce mardi 30 septembre à Dakar, la plateforme interopérable du système de paiement instantané (Pi-Psi).
Le projet a démarré en 2022 avec pour objectifs de renforcer l’inclusion financière, réduire l’usage des espèces fiduciaires, promouvoir l’innovation et consolider l’intégration économique et financière de l’Union.
Le ministre sénégalais des finances et du Budget Cheikh Diba qui a présidé la cérémonie au siège de la Bceao, à Dakar a salué le lancement de la plateforme interopérable du système de paiement instantané, Pi-Psi, estimant que cette initiative traduit « l’aboutissement d’une vision commune, celle d’un écosystème financier plus inclusif, plus dynamique et répondant aux besoins des populations de l’Uemoa».
« L’interopérabilité, en donnant la capacité à tous les acteurs économiques d’interagir sans barrière transactionnelle, contribuera à renforcer l’essor des instruments de paiement digitaux et à favoriser l’accès des populations aux services financiers, en particulier dans le contexte de notre union économique et monétaire avec près de 150 millions d’habitants, dont une part significative vit dans les zones rurales », a noté Diba, considérant la Pi-Psi comme « un puissant vecteur d’inclusion financière et d’intégration économique régionale ».
Revenant sur le choix de la Bceao de rendre gratuit les services pour les particuliers, il a indiqué que cette mesure contribuera à l’adoption massive de la monnaie électronique et à la réduction de la dépendance aux espèces.
« Ce modèle offre aux institutions financières et acteurs de l’écosystème des paiements de réelles perspectives avec l’élargissement de la base clientèle, la réduction des charges d’exploitation, notamment celles liées à la gestion du cash, ainsi que de plus grandes opportunités d’innovation », a encore noté M. Diba, mettant aussi en avant les impacts sur les trésors nationaux des pays de l’Union.
« Grâce à la plateforme, le paiement des impôts, taxes, redevances et droits de douane sera plus simple, plus rapide et moins coûteux pour les contribuables. En outre, les opérations numériques vont contribuer à accroître la sécurité, la traçabilité et la transparence des opérations publiques, minimisant ainsi les risques de fraude et d’évasion fiscale et renforçant la confiance entre les États, les opérateurs économiques et les partenaires financiers », a-t-il assuré.
Il a ainsi invité les Trésors de l’Union à intégrer la plateforme interopérable du système de paiement instantané dans leurs chaînes d’ordonnancement et d’encaissement.
A en croire le gouverneur de la Bceao, Jean Claude Kassi Brou, 45 établissements issus des pays de la zone ont été à ce jour homologués pour des transactions à travers la Plateforme.
« Plusieurs institutions de microfinance et d’établissements de monnaie électronique des 8 pays de l’Union ont satisfait aux exigences techniques, de sécurité, de connectivité et d’homologation définies par la Banque centrale. La liste des 45 établissements prêts à démarrer dès ce jour a été rendue publique par la Bceao sur son site », a-t-il indiqué.
Le Sénégal avec 13 établissements homologués est le pays le plus représenté, suivi de la Côte d’Ivoire et du Mali avec respectivement 8 et 6 établissements homologués, selon les données publiées par la Bceao sur son site.
« Cet élan est appelé à s’élargir jusqu’à la pleine participation de l’ensemble des institutions de paiement de l’Union », a ainsi dégagé en perspective M. Jean Claude Kassi Brou.
Soutenant que la plateforme ne pourra libérer son plein potentiel qu’à travers son adhésion massive, le Gouverneur de la Bceao a annoncé qu’une campagne de communication sera menée en ce sens dans les 8 pays de l’Union.
Le gouverneur de la Bceao a mis en exergue l’accroissement du volume des transactions en monnaie électronique dans l’Union qui est passé de 260 millions FCFA à 11 milliards FCFA entre 2014 et 2024 et le nombre de comptes de monnaie électronique ayant évolué pour la même séquence temporelle de 18,2 millions à 248 millions.
« Il est apparu nécessaire de renforcer et d’améliorer l’accès des populations aux paiements ou aux services numériques en favorisant l’intégration de l’interopérabilité au sein de nos écosystèmes financiers », a –t-il noté.
« Le bénéfice est double : d’une part, la réduction des frictions transactionnelles accroît la productivité et la compétitivité et d’autre part, la traçabilité des flux et l’interopérabilité des paiements améliorent la qualité des informations financières », a noté M. Kassi Brou avant d’effectuer la transaction symbolique marquant l’effectivité de la Plateforme.
L’EconomisteSenegal


