Le président de la commission de l’Union économique monétaire, Abdoulaye Diop, a procédé ce vendredi 13 mars, à la présentation du rapport annuel 2025 sur le fonctionnement et l’évolution de l’Union.
Une occasion qui lui est offerte pour présenter le bilan des actions des Organes de l’Union au titre de l’année 2025 et s’appesantir sur le fonctionnement et l’évolution de l’Union au titre de l’année 2025.
Malgré un contexte peu favorable, a souligné Abdoulaye Diop, les économies des Etats membres de l’UEMOA restent dynamiques avec un taux de croissance de 6,7% contre 6,2% en 2024, en lien avec le maintien du dynamisme dans l’ensemble des secteurs.
Cette performance, a-t-il assuré a été obtenue dans un contexte de stabilité des prix avec un taux d’inflation annuel moyen de 0% contre 3,5% en 2024, sous l’effet de la bonne tenue de la production agricole.
Le déficit budgétaire global a représenté 3,7% du PIB contre 5,3% en 2024. Cette réduction du déficit s’explique par une hausse des recettes publiques plus importante que celle des dépenses.
En 2025, le taux d’endettement est ressorti à 62,7% contre 64,5% en 2024, soit une baisse de 1,8 point de pourcentage. Toutefois, il convient de noter que la dette intérieure continue de progresser dans plusieurs États membres, en lien avec les interventions sur le marché financier régional.
Concernant les échanges extérieurs de l’Union, le solde global de la balance des paiements a enregistré une amélioration, en lien notamment avec la réduction du déficit du compte courant de 3,5 points de pourcentage pour ressortir à 2,2% du PIB en 2025.
La situation monétaire de l’Union à fin décembre 2025, comparée à celle à fin décembre 2024, est caractérisée par un accroissement du rythme de progression de la masse monétaire de 11,6%.
C’est dans ce contexte économique que les Organes de l’UEMOA ont conduit les chantiers communautaires en 2025, conformément à leurs mandats et aux orientations de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement.
‘’Malgré les chocs endogènes et exogènes, notre processus d’intégration économique continue sa marche’’, martèle-t-il, assurant qu’en 2025, plusieurs secteurs ont connu des progrès importants.
Abdoulaye Diop a annoncé en outre que la Commission de l’UEMOA a amorcé le démarrage effectif de la mise en œuvre de son Plan stratégique IMPACT 2030, qui constitue sa boussole pour la période 2025-2030.
Selon lui, il s’est traduit, notamment, par l’élaboration de trois (3) livres blancs sur les filières coton-textile, riz et engrais phosphates, déclinés en trois (3) programmes opérationnels filières.
A ceux-ci s’ajoute l’élaboration de vingt-quatre (24) programmes opérationnels supports, soutien au développement des filières identifiées dans le plan stratégique.
« La mise en œuvre efficace de ce plan stratégique est résolument tournée vers l’impact pour contribuer au bien-être des populations de l’Union », affirme Diop, soutenant qu’elle s’inscrit dans le cadre de l’opérationnalisation du document de la Vision prospective UEMOA 2040 qui est désormais l’outil d’anticipation à long terme de l’Union, permettant d’asseoir les bases de ses choix et priorités stratégiques.
S’agissant de la fiscalité intérieure, le président de la commission de l’UEMOA a noté que la mise en œuvre des réformes engagées se poursuit. Il en est de même du plan pour une mobilisation optimale des recettes. Des sessions renforcement de capacité dans les domaines pétroliers et miniers ont été organisées au profit des Etats membres.
Pour l’édification du marché commun, la Commission a poursuivi ses interventions en faveur de la dématérialisation de la procédure d’octroi d’agrément de l’origine.
Ainsi, la reconnaissance de l’origine communautaire a été accordée à quatre-vingt-quatre (84) produits.
En matière du développement des échanges commerciaux, il a expliqué que la Commission a élaboré en 2025, le Programme de Facilitation et de Promotion du Commerce (PFPC) aligné sur son Plan Stratégique « IMPACT 2030 ».
Pour une bonne réussite du processus d’intégration régionale, l’application des réformes communautaires est primordiale.
C’est dans cette optique, a-t-il dit, que la Commission a organisé, en 2025, la 11ème édition de la phase technique de la revue annuelle 2025 des réformes, politiques, programmes et projets communautaires dans les Etats membres.
Le taux de mise en œuvre des réformes communautaires à l’échelle de l’Union est ressorti 74,47% en 2025 contre 77,27% en 2024, soit une baisse de 2,80 points de pourcentage en raison de l’introduction de quinze (15) nouveaux textes communautaires arrivés à maturation dans la revue annuelle, édition 2025. Les nouvelles Directives introduites en 2025 ne sont pas encore transposées par les Etats membres.
Toutefois, souligne-t-il, la Commission a noté avec satisfaction les efforts des Etats membres de maintenir leurs performances en matière de mise en œuvre des textes communautaires.
En 2025, dans le cadre de la bonne marche du processus d’intégration régionale, la Commission de l’UEMOA a fait adopter par le Conseil des Ministres Statutaire de l’Union, dix-neuf (19) textes communautaires et des textes d’application du Règlement financier de l’Union.
Abdoulaye Diop aussi énuméré les actions conduites par l’organe exécutif de l’Union, qu’est la Commission de l’UEMOA, avant de faire le point sur celles déroulées par les autres Organes de l’UEMOA.
Pour l’ensemble des Organes de l’UEMOA, l’année 2025 a été marquée par la réalisation des priorités inscrites dans leur Projet Annuel de Performance conformément aux principes et directives du budget-programme.
Au terme de l’exercice budgétaire 2025, les performances de la Commission sont en nette progression par rapport à 2024.
Ainsi,le taux d’exécution financier du budget de l’Union est de 86,56% contre 77,84 % en 2024, soit une progression de 8,70 points de pourcentage.
Quant au taux d’exécution physique, il est de 87,13% en 2025 contre 85,70% en 2024 soit une progression de 1,43 point de pourcentage.
Toutefois, il a relevé que des difficultés ont été enregistrées dont les plus importantes sont, entre autres, les menaces sécuritaires qui impactent négativement le développement économique et sociale des Etats membres.
Abdoulaye Diop souligne que le financement du processus de l’intégration pose aussi un grand souci pour l’accomplissement des missions des Organes de l’UEMOA. A toutes ces difficultés, s’ajoute celle liée à la relative lenteur dans l’application des réformes communautaires notamment celles relatives à la libre circulation et au droit d’établissement ainsi qu’à la concurrence.
En ce qui concerne les perspectives, le budget 2026 de l’Union, tient compte de la contrainte majeure liée aux non-reversements du Prélèvement Communautaire de Solidarité (PCS) par certains États membres.
Cette situation fragilise la capacité de l’Union à assurer de manière optimale le financement de ses programmes, à honorer ses engagements et à garantir la continuité de ses missions au service de l’intégration régionale.
Pour 2026, l’activité économique au sein de l’Union, poursuivrait son dynamisme avec un taux de croissance de 6,4%.
Toutefois, a-t-il déploré, le conflit au Moyen-Orient, déclenché le 28 février 2026 perturbe davantage l’environnement économique international déjà affecté par la guerre russo-ukrainienne et la politique commerciale des Etats-Unis.
Cette crise dont les effets se font déjà sentir avec, notamment, une hausse des prix du pétrole, la perturbation du commerce international, n’épargnera pas les économies de l’Union
Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires, économiques et sociaux majeurs, le président de la commission de l’UEMOA. Estime que l’organisation communautaire doit s’affirmer comme un lieu d’actions collectives crédibles, capables de porter des réponses communes et ambitieuses.
Q son avis, cela suppose un leadership politique fort, une gouvernance communautaire efficace et une solidarité réelle entre les États membres.
D’où son appel à consolider les acquis de l’intégration régionale.
L’Economiste Sénégal


