« Consommer local aujourd’hui, c’est renforcer la souveraineté économique de notre Union », a soutenu lundi à Ouagadougou (Burkina Faso), le président de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) , Abdoulaye Diop, lors du lancement de la 6ème édition du mois du consommer local.
« Le chemin vers une Union compétitive et prospère passe nécessairement par la transformation de nos habitudes de consommation et la valorisation de notre production locale », a expliqué M. Diop, ajoutant que « consommer local aujourd’hui, c’est investir dans l’emploi de demain, c’est soutenir l’innovation de nos entreprises (…) ».
Placé sous le thème « Consommer local, facteur de développement des chaînes de valeur régionales compétitives de l’UEMOA », le président de la Commission de l’Uemoa soutient que le mois du consommer local est devenu un rendez-vous annuel de réflexion sur notre modèle de développement économique ainsi que sur les voies de la transformation structurelle des économies des Etats membres.
Abdoulaye Diop invite ainsi « à franchir un nouveau palier dans notre approche » en faisant plus que de promouvoir seulement les produits locaux, mais de comprendre comment leur consommation peut devenir le moteur d’une transformation économique profonde et durable de notre Union.
Le développement de chaînes de valeur régionales
Il rappelle que cette vision s’aligne parfaitement avec les orientations du Plan Stratégique de la Commission de l’UEMOA sur la période 2025-2030, « Impact 2030 ».
Soulignant que les États membres de l’Uemoa disposent de matières premières de qualité, il a relevé les difficultés récurrentes d’approvisionnement auxquelles font face les unités de transformation,
« L’exportation d’une grande partie de nos ressources à l’état brut constitue un manque à gagner énorme pour l’économie communautaire », a-t-il dit, plaidant pour le passage d’une économie largement informelle, exportatrice de matières premières brutes, vers une économie qui transforme localement ses ressources et exporte des produits à forte valeur.
A son avis, cette transformation ne peut se réaliser qu’avec le développement de chaînes de valeur régionales intégrées et compétitives, capables de créer de l’emploi et de générer des revenus substantiels.
A cet égard, il a révélé que les actions futures de la Commission seront essentiellement axées sur le développement de filières prioritaires de la phase pilote portant sur le coton-textile, le riz et l’engrais-phosphate qui restent des filières emblématiques de notre Union, en particulier le Coton.
Dans son discours lu par son conseiller technique Seidou Ilboudou, le ministre burkinabè de l’industrie, du commerce et de l’artisanat s’est réjoui de la tenue de la 6 eme édition du Mois d’octobre, Mois du Consommer local » dans les Etats membres d l’Uemoa. Il a aussi félicité la Commission pour son engagement dans l’organisation régulière de cette initiative dont l’un des objectifs est de décomplexer les populations de l’Union dans la consommation des biens et services issus de nos terroirs.
Soulignant que cette initiative converge avec l’orientation politique de son pays, il réitéré l’engagement des autorités burkinabè a faire du Consommer local, un acte de souveraineté économique,
« Consommer local, c’est faire vivre nos producteurs, c’est soutenir nos entrepreneurs, c’est créer de l’emploi pour notre jeunesse, et s’inscrire dans une logique de dignité et de développement durable »,a-t-il assuré.
Rappelant que le Burkina Faso a été le premier pays en Afrique de l’Ouest a encourager et mettre en œuvre le consommer local, avec le slogan « Consommons ce nous produisons et produisons ce que nous consommons », il a mis en exergue plusieurs initiatives mises en œuvre dans ce sens au nombre desquelles le Faso Danfani, le « poulet bicyclette » ,le chapeau de Sapone,
Initié depuis 2020, « le mois du Consommer local » n’a cessé de se développer au fil des années pour devenir un évènement incontournable pour les tous les acteurs économiques des pays de l’Union. L’EconomisteSenegal


